La rééducation pelvi-périnéale ne muscle pas le clitoris, mais elle peut changer beaucoup de choses : douleur, tension, sensibilité, confiance retrouvée après un accouchement ou à la ménopause. Le point complet avec les repères médicaux actuels.
En résumé : La rééducation pelvi-périnéale, menée par un kinésithérapeute ou une sage-femme spécialisée, ne vise jamais le clitoris comme un muscle à renforcer. Elle agit sur le plancher pelvien, la respiration, la mobilité des tissus et l'hypertonie musculaire qui peuvent indirectement modifier la sensibilité ou entretenir une douleur. En France, la prise en charge post-partum sur prescription est possible à partir du 90e jour, mais n'est pas systématique en l'absence de symptômes. À la ménopause comme en cas de vestibulodynie, elle s'inscrit dans une prise en charge pluridisciplinaire, jamais isolée.
Oui, une rééducation pelvi-périnéale peut parfois améliorer une douleur ressentie autour du clitoris, une hypersensibilité vulvaire, une gêne pendant les rapports ou une sensation de perte de sensibilité. Elle ne "renforce" toutefois pas le clitoris : le clitoris n'est pas un muscle à entraîner. Le travail porte sur les muscles du plancher pelvien, la circulation, la mobilité des tissus, la respiration, la perception corporelle et, selon la situation, le relâchement musculaire. C'est cette approche globale qui peut modifier indirectement le confort et les sensations sexuelles.
La consultation peut être menée par un masseur-kinésithérapeute formé en pelvi-périnéologie ou par une sage-femme spécialisée en rééducation périnéale. Le choix dépend du contexte : période postnatale, fuites urinaires, douleurs persistantes, antécédents gynécologiques, suspicion de vestibulodynie, syndrome myofascial, ménopause ou trouble sexuel associé à une tension périnéale.
Une baisse de sensibilité clitoridienne peut aussi avoir des causes qui ne relèvent pas prioritairement de la rééducation : variation hormonale, traitement médicamenteux, irritation cutanée, pathologie dermatologique, atteinte neurologique, conséquences d'une chirurgie, fatigue, anxiété ou douleur anticipée. C'est pourquoi un bilan médical ou gynécologique garde toute sa place, surtout si le symptôme est récent, brutal, localisé à une zone précise ou associé à une lésion visible.
Le clitoris est un organe érectile beaucoup plus étendu que sa partie visible. Son gland se situe au sommet de la vulve, mais son corps, ses corps caverneux et ses racines se prolongent en profondeur. Il est richement innervé et vascularisé. Les sensations clitoridiennes dépendent donc à la fois des nerfs, du flux sanguin, de l'état des muqueuses et de la capacité du corps à accueillir la stimulation sans douleur ni appréhension.
Le plancher pelvien forme une sorte de hamac musculaire à la base du bassin. Il intervient dans la continence, le soutien des organes pelviens, la stabilité du bassin et certaines réponses sexuelles. Pendant l'excitation et l'orgasme, il peut se contracter de manière réflexe. Mais un périnée n'a pas besoin d'être constamment contracté pour être "tonique". Un muscle capable de se relâcher, de s'allonger et de se contracter au bon moment est généralement plus fonctionnel qu'un muscle maintenu sous tension.
Lorsqu'une personne souffre d'une douleur vulvaire ou d'une douleur à la pénétration, elle peut contracter involontairement le périnée pour se protéger. Cette réaction est compréhensible, mais elle peut devenir un cercle douloureux : la contraction augmente la pression sur des zones déjà sensibles, limite la souplesse des tissus et rend les rapports plus redoutés. Une douleur près du gland clitoridien, du vestibule ou de l'entrée vaginale ne signifie donc pas forcément que le problème vient du clitoris lui-même.
Le travail périnéal ne consiste pas à promettre un retour automatique de sensations. Il aide plutôt à identifier ce qui freine la sensation agréable : hypertonie musculaire, peur de la douleur, mauvaise perception du bassin, cicatrice peu mobile, sécheresse vulvo-vaginale, contractions réflexes ou fatigue du système nerveux face à une douleur persistante.
Le masseur-kinésithérapeute réalise un bilan fonctionnel. Il ne se limite pas à demander si des fuites urinaires existent. Il explore, avec l'accord de la patiente, la gêne ressentie, le moment où elle apparaît, les antécédents obstétricaux ou chirurgicaux, les habitudes d'élimination, la constipation éventuelle, les douleurs lombaires ou de hanche, ainsi que l'impact sur la sexualité et la vie quotidienne.
L'examen peut comporter une observation externe du périnée, une évaluation respiratoire, des tests de mobilité du bassin et, lorsque cela est indiqué et accepté, un examen endocavitaire vaginal ou anal. Ce dernier n'est jamais obligatoire. Il doit être expliqué avant d'être proposé, réalisé dans le respect du consentement, et peut être interrompu à tout instant. Certaines personnes commencent par plusieurs séances externes, particulièrement lorsque le toucher génital réveille de la peur ou une douleur importante.
Le bilan cherche notamment à savoir si les muscles sont faibles, mal coordonnés, trop sollicités ou incapables de se relâcher. Ces profils appellent des prises en charge très différentes. Une personne ayant une incontinence urinaire d'effort à la course peut bénéficier d'un apprentissage de la contraction anticipée. Une personne ayant une vestibulodynie et un périnée douloureux au moindre contact aura souvent besoin d'un travail de détente et de désensibilisation avant tout renforcement.
Selon les recommandations de la Haute Autorité de santé, le renforcement des muscles du plancher pelvien constitue un traitement de première intention de l'incontinence urinaire d'effort. Cela ne veut pas dire que chaque difficulté sexuelle ou chaque douleur clitoridienne se traite par des séries de contractions. Dans les douleurs pelvi-périnéales chroniques, la kinésithérapie vise souvent à diminuer les douleurs déclenchées par la contraction, à relâcher les muscles et à corriger d'éventuels troubles mécaniques associés.
Le biofeedback permet de rendre visible ou audible l'activité musculaire grâce à une sonde ou à des capteurs externes. Il peut aider une personne qui ne sait pas si elle contracte, pousse vers le bas ou relâche réellement son périnée. Pour certaines, voir la courbe descendre au moment de l'expiration est particulièrement utile : l'objectif n'est plus de faire plus fort, mais de retrouver une capacité à laisser les muscles se détendre.
L'électrostimulation fonctionnelle peut être proposée dans certaines indications, notamment lorsque la commande musculaire est difficile ou en présence de certains troubles de continence. Elle ne convient pas à toutes les situations et ne doit pas devenir un geste automatique. Une stimulation électrique peut être mal tolérée dans un contexte de douleur pelvienne, d'hypersensibilité locale ou de peur du contact. Le choix dépend donc du bilan, de la sensation de la patiente et des contre-indications éventuelles.
Le kinésithérapeute peut également travailler sur la posture, la mobilité des hanches, le diaphragme, la paroi abdominale, les cicatrices et les habitudes de poussée aux toilettes. Une constipation chronique, par exemple, entretient parfois une surcharge du périnée. De même, une respiration haute et bloquée peut maintenir une tension abdominale qui se répercute vers le bassin. Pour comprendre le mécanisme physiologique en jeu, voir aussi notre article sur la perte de sensibilité clitoridienne.
La sage-femme formée à la rééducation périnéale occupe une place centrale dans le parcours postnatal. Elle connaît les transformations de la grossesse, les effets d'un accouchement vaginal ou d'une césarienne, les conséquences possibles d'une déchirure, d'une épisiotomie, d'un accouchement instrumental ou d'un allaitement prolongé sur la vulve et le vagin.
Son rôle comprend l'information : comprendre le périnée, reconnaître une contraction excessive, reprendre des activités sans se mettre une pression irréaliste, savoir quand consulter en cas de fuite, de pesanteur ou de douleur. Beaucoup de femmes entendent qu'il faudrait "rééduquer son périnée" après chaque accouchement, sans que personne ne leur explique ce que cela signifie ni pourquoi une stratégie de relâchement peut parfois être plus pertinente qu'un programme de contractions.
La sage-femme peut repérer une cicatrice sensible, une douleur à la reprise des rapports, une impression de béance, une peur de pousser ou une difficulté à sentir son bassin. Elle peut proposer un accompagnement de première ligne et orienter vers un gynécologue, un kinésithérapeute, une consultation douleur, un sexologue ou un psychologue lorsque les symptômes dépassent le champ d'une rééducation simple.
Son approche est aussi précieuse lorsque la patiente souhaite reparler du désir, de l'image corporelle ou de la crainte d'être touchée après la naissance. Ces sujets font partie de la santé périnéale. Ils ne sont ni accessoires ni honteux.
La rééducation ne cherche pas à muscler le clitoris. Elle ne modifie pas directement son anatomie et ne constitue pas une méthode mécanique pour augmenter les sensations. En revanche, elle peut intervenir sur les conditions qui rendent l'exploration clitoridienne agréable, neutre ou douloureuse.
Chez certaines personnes, l'objectif est de retrouver une meilleure conscience de la zone vulvaire. Après un accouchement, une chirurgie, un traumatisme ou une longue période sans contact confortable, la représentation corporelle peut devenir floue. Des exercices simples de respiration, de repérage du bassin et de perception des appuis peuvent aider à renouer progressivement avec cette région du corps sans imposer de stimulation génitale.
Chez d'autres, il s'agit d'une désensibilisation graduée. Elle peut concerner le vestibule, les lèvres, une cicatrice ou la zone proche du capuchon clitoridien. Le principe est de ne jamais forcer le passage à travers la douleur. Le soin peut commencer par une approche très indirecte : observer, nommer les sensations, effleurer une zone non douloureuse, apprendre à s'arrêter. Selon la situation, le professionnel peut proposer des autoexercices à domicile, toujours adaptés au rythme de la patiente.
La diminution de l'hypertonie pelvienne est souvent un enjeu majeur. Un périnée constamment contracté peut participer aux douleurs vulvaires, aux brûlures après les rapports, aux sensations de tiraillement ou à une impression de gêne clitoridienne difficile à localiser. Le travail de relâchement n'est pas passif : il demande de repérer les contractions involontaires, de respirer autrement et de retrouver du mouvement dans le bassin.
Les données disponibles ne fournissent pas de protocole unique, chiffré et spécifique à la combinaison "ménopause et clitoris" ou "sensibilité clitoridienne et rééducation". Il serait trompeur d'annoncer un taux de réussite précis. La pertinence d'une prise en charge dépend du diagnostic, de la cause dominante des symptômes et de l'objectif personnel : réduire une douleur, reprendre une activité physique, retrouver des rapports non douloureux ou mieux comprendre son corps.
En France, la rééducation périnéo-sphinctérienne réalisée par un masseur-kinésithérapeute peut débuter à partir du 90e jour après l'accouchement, sur prescription médicale. Ce délai ne signifie pas qu'il faut attendre trois mois pour parler d'un symptôme préoccupant. Une douleur intense, une sensation de prolapsus, une incontinence anale, une difficulté à uriner, une cicatrice très douloureuse ou une gêne neurologique justifient une évaluation plus précoce par le professionnel approprié.
Selon les sources de référence françaises, la rééducation périnéale systématique chez les femmes asymptomatiques n'est pas recommandée. Elle est particulièrement pertinente lorsqu'il existe des symptômes : fuites urinaires persistantes, pertes de gaz ou de selles, sensation de pesanteur pelvienne, douleurs, difficultés de contrôle musculaire, gêne lors des rapports ou problème de reprise des efforts.
Cette nuance compte. Une personne qui ne présente ni fuite, ni douleur, ni trouble fonctionnel n'a pas nécessairement besoin d'un programme standardisé de séances. Elle peut néanmoins bénéficier d'informations postnatales sur la reprise progressive des activités, le transit, les efforts de poussée, le portage et les signaux qui doivent pousser à consulter.
La douleur clitoridienne ou vulvaire du post-partum mérite une écoute particulière. Elle peut être liée à une cicatrice, une sécheresse favorisée par l'allaitement, une irritation, une contraction défensive du périnée, un changement de sensibilité après l'accouchement ou une cause indépendante de la naissance. La rééducation est utile quand le bilan met en évidence une composante musculaire, cicatricielle ou fonctionnelle ; elle ne remplace pas l'examen d'une douleur inhabituelle ou persistante. Ce sujet rejoint directement les enjeux abordés dans notre guide sur la grossesse et le post-partum.
À la ménopause, la baisse des hormones sexuelles peut modifier les tissus vulvo-vaginaux. Certaines personnes ressentent davantage de sécheresse, de brûlures, une fragilité muqueuse, des infections urinaires récidivantes ou des douleurs pendant les rapports. La réponse sexuelle peut également évoluer : l'excitation demande parfois plus de temps, et une stimulation qui était confortable auparavant peut devenir irritante.
Le plancher pelvien peut aussi être concerné. L'incontinence urinaire, les symptômes de prolapsus, la difficulté à retenir une envie urgente ou la perte de force musculaire peuvent apparaître ou s'accentuer avec l'âge, notamment lorsqu'ils s'ajoutent à des antécédents obstétricaux. Une rééducation bien conduite peut travailler le contrôle musculaire, la coordination avec l'effort et les stratégies de protection lors des activités quotidiennes.
Mais une douleur clitoridienne ou une baisse de plaisir à la ménopause ne se résume pas au périnée. Une évaluation gynécologique peut rechercher un syndrome génito-urinaire de la ménopause, une dermatose vulvaire, une infection, une irritation liée à un produit d'hygiène ou une autre cause locale. Selon la situation, le traitement peut associer mesures d'hydratation, lubrifiants adaptés, traitement hormonal local lorsque cela est indiqué, prise en charge dermatologique, sexologique ou rééducative.
La kinésithérapie et la rééducation par une sage-femme s'intègrent donc dans une stratégie plus large. Elles peuvent réduire une tension musculaire, aider à reprendre confiance dans le mouvement et accompagner les symptômes urinaires. Elles ne remplacent pas un traitement de la sécheresse ou d'une affection cutanée vulvaire. La question hormonale est développée dans notre article sur la testostérone et la vie sexuelle.
La vestibulodynie désigne une douleur située au vestibule vulvaire, c'est-à-dire autour de l'entrée du vagin. Elle est souvent déclenchée par le contact : pénétration, tampon, examen gynécologique, frottement de vêtements ou pression du doigt. Certaines personnes décrivent une brûlure, d'autres une sensation de coupure, d'écorchure ou de tension insupportable. La douleur peut être provoquée, spontanée ou mêlée aux deux.
La vestibulodynie peut s'accompagner d'un syndrome myofascial périnéal. Les muscles du plancher pelvien deviennent alors douloureux, tendus ou mal coordonnés. La kinésithérapie peut contribuer à réduire cette tension, à restaurer de la mobilité et à reprendre progressivement des contacts non douloureux. Elle ne doit jamais se résumer à une prescription de contractions répétées.
Les douleurs pelvi-périnéales chroniques nécessitent souvent plusieurs regards. Selon le CHU de Nantes, la consultation pluridisciplinaire dédiée aux douleurs pelviennes chroniques de la femme associe des spécialistes d'organe, des algologues, des kinésithérapeutes ou ostéopathes, des psychologues et des infirmières spécialisées. Cette organisation reconnaît qu'une même douleur peut avoir des mécanismes musculaires, nerveux, hormonaux, digestifs, urologiques ou émotionnels.
Selon le CHU de Strasbourg, le Centre des Douleurs Pelviennes Chroniques prend explicitement en charge les vestibulodynies, les dyspareunies et le syndrome myofascial périnéal. Son parcours peut inclure une journée d'hospitalisation de jour pluridisciplinaire réunissant notamment psychologue, kinésithérapeute, algologue, acupuncteur et diététicienne. L'objectif n'est pas de suggérer que la douleur est "dans la tête", mais de traiter toutes ses composantes lorsqu'elles sont présentes.
Selon le CHU de Dijon, la filière consacrée aux douleurs pelvi-périnéales chroniques recommande une prise en charge pluridisciplinaire après un bilan clinique et une imagerie adaptée si nécessaire. Le recours à un centre de la douleur peut aider à traiter les dimensions neuropathique, musculaire et émotionnelle. Une douleur clitoridienne persistante, surtout lorsqu'elle donne des décharges, des picotements ou une intolérance extrême au toucher, mérite cette évaluation plutôt qu'une succession d'exercices non ciblés.
La rééducation commence par des objectifs partagés. Certaines patientes souhaitent surtout arrêter de fuir à l'effort. D'autres veulent pouvoir s'asseoir sans douleur, remettre un jean, reprendre le vélo ou retrouver une intimité sans appréhension. Le programme doit correspondre à ce qui gêne réellement la personne, et non à un protocole identique pour toutes.
Le travail manuel peut concerner la peau, les tissus vulvaires, les cicatrices, les muscles autour du bassin ou les zones de tension abdominale. Un travail endocavitaire vaginal ou anal peut être indiqué pour évaluer la contraction, le relâchement et la douleur musculaire. Il se pratique uniquement avec une information préalable claire et un consentement explicite. Refuser ce type de toucher ne ferme pas l'accès à la rééducation : de nombreuses approches externes existent.
La respiration diaphragmatique, la mobilité du bassin et les exercices de perception peuvent sembler éloignés du clitoris. Pourtant, ils aident certaines personnes à repérer qu'elles serrent les fesses, rentrent le ventre ou contractent le périnée sans s'en rendre compte. Apprendre à expirer sans pousser vers le bas, à relâcher la mâchoire ou à sentir les appuis au sol peut diminuer une tension globale qui alimente le verrouillage pelvien.
Les exercices à domicile ne sont pas forcément des contractions. Ils peuvent consister à observer les signes de tension dans la journée, adapter sa posture aux toilettes, masser une cicatrice après validation par le professionnel, pratiquer quelques minutes de respiration ou suivre une progression de contacts externes non douloureux. Dans les douleurs vulvaires, l'autoexercice doit rester sous le seuil de douleur significative. Une aggravation durable après un exercice est un signal pour en reparler.
| Situation ou symptôme | Professionnel à envisager | Axes principaux de prise en charge | Durée typique |
|---|---|---|---|
| Incontinence urinaire d'effort | Masseur-kinésithérapeute ou sage-femme formée | Renforcement adapté, coordination avec l'effort, biofeedback si utile | Quelques semaines à plusieurs mois selon les symptômes et l'autonomie acquise |
| Douleur vulvaire, brûlure ou gêne clitoridienne avec périnée tendu | Kinésithérapeute pelvi-périnéal, avec avis gynécologique si nécessaire | Relâchement musculaire, respiration, travail manuel doux, désensibilisation progressive | Variable ; progression souvent graduelle, réévaluée régulièrement |
| Post-partum avec fuites ou difficulté de contrôle musculaire | Sage-femme spécialisée ou kinésithérapeute sur prescription selon le cadre de soins | Bilan périnéal, reprise progressive des efforts, éducation et exercices ciblés | Selon l'intensité des symptômes et la récupération postnatale |
| Douleur à la pénétration ou vestibulodynie suspectée | Gynécologue, centre douleur ou équipe pluridisciplinaire, avec kinésithérapie spécialisée | Bilan étiologique, traitement de la douleur, relâchement périnéal, accompagnement psychosexuel si souhaité | Souvent au long cours, avec adaptation des interventions |
| Ménopause avec sécheresse, fuites et inconfort sexuel | Gynécologue ou médecin traitant, puis sage-femme ou kinésithérapeute selon le bilan | Évaluation vulvo-vaginale, traitement local si indiqué, travail fonctionnel du périnée | Variable, en fonction de la cause hormonale, musculaire ou uro-gynécologique |
Une consultation de rééducation pelvi-périnéale est particulièrement pertinente lorsque les symptômes semblent liés au fonctionnement musculaire, à un accouchement, à une cicatrice ou à une perte de coordination. Les situations suivantes peuvent motiver un bilan :
D'autres signes appellent en priorité un examen médical, gynécologique, dermatologique ou neurologique : apparition soudaine d'une perte de sensibilité génitale, lésion ou ulcération visible, saignement inexpliqué, douleur intense avec fièvre, masse vulvaire, écoulement inhabituel, engourdissement persistant après un traumatisme ou douleur en décharges électriques. Une rééducation peut ensuite avoir sa place, mais le diagnostic ne doit pas être retardé.
Il est raisonnable de demander au professionnel s'il ou elle réalise régulièrement des bilans pelvi-périnéaux et s'il est habitué aux douleurs vulvaires, aux dyspareunies ou au post-partum. La qualité de la relation compte beaucoup dans ce domaine. La patiente doit pouvoir exprimer ses limites, demander des explications et savoir pourquoi un exercice ou un examen lui est proposé.
Avant le rendez-vous, noter la localisation de la douleur, son intensité, les situations qui l'aggravent ou l'apaisent, les éventuels troubles urinaires ou digestifs, les traitements en cours et les antécédents obstétricaux peut faire gagner du temps. Il peut aussi être utile de préciser si le mot "clitoris" désigne une douleur du gland, une hypersensibilité sous le capuchon, une gêne plus diffuse de la vulve ou une douleur surtout liée à la pénétration. Ces réalités ne correspondent pas aux mêmes mécanismes.
La première séance n'implique pas automatiquement un toucher vaginal. Le bilan peut commencer par l'échange, l'observation externe, le travail respiratoire et des tests simples de mobilité. Une prise en charge respectueuse ne demande pas de dépasser une douleur forte pour prouver sa motivation. Dans le cas de douleurs chroniques, avancer lentement est souvent plus efficace que chercher à aller vite. Notre interview sur l'autoexamen complète utilement cette démarche.
La rééducation pelvi-périnéale peut être très utile pour améliorer la continence, réduire une hypertonie musculaire, assouplir une cicatrice ou reprendre une intimité plus confortable. Son effet sur la sensibilité clitoridienne est indirect : elle agit sur l'environnement musculaire, corporel et douloureux de la sexualité, pas sur un supposé "muscle clitoridien".
Lorsqu'une douleur persiste ou qu'une sensation clitoridienne a changé sans explication claire, la meilleure démarche consiste à associer les compétences nécessaires : examen médical, bilan périnéal, traitement hormonal ou dermatologique si besoin, prise en charge de la douleur, et soutien psychosexuel lorsque la souffrance affecte le désir ou la confiance. La rééducation n'est ni une solution miracle ni un détail secondaire. Bien indiquée, elle peut devenir une pièce très concrète d'une prise en charge globale.
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Devenir membreElle peut améliorer indirectement les conditions de la sensibilité lorsqu'une tension musculaire, une douleur, une cicatrice ou une mauvaise perception du bassin y participent. Elle ne renforce pas le clitoris et ne garantit pas une augmentation des sensations. Le bilan aide à distinguer une cause fonctionnelle d'une cause hormonale, dermatologique, neurologique ou médicamenteuse. En cas de perte de sensibilité récente ou brutale, un avis médical est prioritaire.
Les deux professionnels peuvent être compétents en rééducation pelvi-périnéale selon leur formation et leur pratique. La sage-femme est souvent très présente dans le parcours postnatal, tandis que le masseur-kinésithérapeute peut assurer une prise en charge fonctionnelle plus longue, notamment sur prescription en France. Pour une douleur vulvaire complexe ou une vestibulodynie, il est utile de rechercher un professionnel habitué aux douleurs pelviennes chroniques. Le confort relationnel et le respect du consentement sont déterminants, quel que soit le métier exercé.
En France, la rééducation périnéo-sphinctérienne par un masseur-kinésithérapeute est possible à partir du 90e jour post-partum, sur prescription médicale. Avant ce délai, une sage-femme ou un médecin peut déjà évaluer des symptômes, donner des conseils de récupération et orienter si nécessaire. La rééducation systématique n'est pas recommandée chez les femmes sans symptôme. En présence de fuites, de douleurs, de troubles anaux ou de difficulté à contrôler les muscles, il ne faut pas attendre pour en parler.
Oui, elle peut être indiquée à la ménopause en cas d'incontinence, de prolapsus, de trouble de coordination périnéale ou de douleur associée à une hypertonie musculaire. Elle s'inscrit alors dans une approche globale, car la sécheresse et la fragilité vulvo-vaginale peuvent aussi nécessiter un traitement gynécologique spécifique. Il n'existe pas de protocole standard unique ciblant simultanément ménopause, clitoris et rééducation. Le programme doit être construit à partir des symptômes réels de la personne.
La vestibulodynie est une douleur du vestibule vulvaire, souvent déclenchée par le contact ou la pénétration. Elle s'accompagne fréquemment d'une contraction réflexe et douloureuse des muscles du plancher pelvien. La rééducation peut aider à relâcher ces muscles, diminuer l'évitement et reprendre progressivement des contacts tolérables. Une prise en charge pluridisciplinaire est souvent nécessaire, comme le proposent notamment les parcours spécialisés des CHU de Nantes, Strasbourg et Dijon.