En résumé : Ce glossaire de 25 termes couvre l'anatomie externe (gland, capuchon, frein), interne (corps, piliers, bulbes, racines profondes), vasculaire (artères dorsale et profonde), nerveuse (nerf pudendal, nerf dorsal) et associée (Skene, Bartholin, mont de Vénus). Chaque terme est défini, localisé, accompagné de son synonyme latin et d'un fait pédagogique pour mémoriser sa fonction.

Le clitoris est un organe central de la sexualité féminine, souvent mal connu ou réduit à une vision simplifiée. Pourtant, sa compréhension anatomique et fonctionnelle est essentielle pour déconstruire les mythes, améliorer l'éducation sexuelle et faciliter le dialogue avec les professionnel·les de santé. Un vocabulaire précis permet également de reconnaître les variations naturelles entre individus, sans les enfermer dans des normes esthétiques ou performatives. Ce lexique, basé sur des sources médicales fiables et des modèles 3D validés (comme celui d'Odile Fillod ou les travaux d'Helen O'Connell), offre une cartographie détaillée de l'anatomie clitoridienne. Que vous soyez en quête d'informations pour une consultation médicale, une démarche d'auto-observation ou simplement par curiosité, ces 25 termes vous donneront les clés pour comprendre comment fonctionne cet organe complexe et sensoriel.

Comment ce lexique a été construit

Ce glossaire s'appuie sur des références anatomiques internationales (Fédération internationale d'anatomie, Terminologia Anatomica), des études en sexologie (Helen O'Connell, 2005 ; Odile Fillod, 2019) et des modèles 3D validés scientifiquement. Les définitions ont été simplifiées pour être accessibles, tout en restant fidèles aux descriptions médicales. Les variantes terminologiques (ex. : « prépuce du clitoris » vs « capuchon ») reflètent la diversité des usages en français. Les faits pédagogiques incluent des données sur les tailles moyennes, les particularités anatomiques ou les idées reçues à écarter (comme l'association entre taille du clitoris et plaisir sexuel). Aucune source ne réduit le clitoris à une fonction unique : son rôle érectile, sensoriel et vasculaire est systématiquement mentionné.

Les 25 termes essentiels expliqués

Schéma anatomique stylisé du clitoris avec annotations latines en gravure XIXe siècle, palette terracotta et ivoire
Schéma synthétique des structures externes et internes du clitoris : gland, capuchon, corps, piliers, bulbes, racines profondes — les 8 premières entrées du lexique illustrées.

1. Gland clitoridien (glans clitoridis)

Définition : Extrémité visible du clitoris, de forme conique ou hémisphérique, richement innervée. Localisation : Situé à l'avant du vestibule vulvaire, sous le capuchon, où les petites lèvres se rejoignent. Fonction : Principalement sensorielle, avec une densité élevée de récepteurs nerveux (environ 8 000 fibres nerveuses, soit le double de celles du pénis). Variantes : Synonyme médical : « tête du clitoris ». Pédagogie : Le gland clitoridien est visible chez environ 25 % des personnes, mais sa taille varie naturellement (en moyenne 5 à 10 mm de diamètre). Contrairement à une idée reçue, sa taille n'est pas corrélée à l'intensité du plaisir.

2. Capuchon (prépuce du clitoris)

Définition : Repli cutané mobile qui protège le gland clitoridien. Localisation : Recouvre partiellement le gland, fixé aux petites lèvres. Fonction : Maintien de l'humidité et protection contre les frottements. Variantes : Synonyme : « prépuce clitoridien ». Pédagogie : Certains modèles 3D (comme celui d'Odile Fillod) montrent que le capuchon peut être plus ou moins développé selon les individus, sans incidence sur la sensibilité.

3. Corps du clitoris (corpus clitoridis)

Définition : Partie visible et interne du clitoris, composée de tissus érectiles. Localisation : S'étend du gland vers l'intérieur du pelvis, en suivant une forme de « V » inversé. Fonction : Rempli de sang lors de l'excitation, provoquant une érection clitoridienne. Variantes : Synonyme : « hampe du clitoris ». Pédagogie : Le corps clitoridien mesure en moyenne 2 à 4 cm de long, mais sa partie interne (piliers) peut atteindre 9 cm.

4. Piliers (crura clitoridis)

Définition : Extensions internes du corps du clitoris, en forme de « V » renversé. Localisation : S'étendent de chaque côté du vagin, le long des branches ischio-pubiennes. Fonction : Ancrage du clitoris au bassin, participant à sa vascularisation et son érection. Variantes : Synonyme latin : « crura clitoridis ». Pédagogie : Les piliers sont souvent ignorés dans les représentations anatomiques simplifiées, alors qu'ils jouent un rôle clé dans la stabilité du clitoris.

5. Bulbes vestibulaires (bulbi vestibuli)

Définition : Structures érectiles en forme de fer à cheval, entourant le vestibule vulvaire. Localisation : Situés sous les petites lèvres, de part et d'autre du méat urétral et du vagin. Fonction : Gonflent lors de l'excitation, contribuant à la lubrification et à la sensation de plénitude. Variantes : Synonyme ancien : « bulbes du vestibule ». Pédagogie : Leur taille moyenne est de 3 à 4 cm de long, mais ils sont souvent confondus avec les glandes de Bartholin.

6. Racines profondes

Définition : Ensemble des structures internes (piliers + bulbes vestibulaires) qui ancrent le clitoris au pelvis. Localisation : Sous le périnée antérieur, autour des organes génitaux internes. Fonction : Stabilisation et vascularisation du clitoris. Variantes : Terme parfois utilisé en sexologie pour décrire l'ensemble des composants profonds. Pédagogie : Ces racines expliquent pourquoi le clitoris est un organe à la fois externe et interne, contrairement à une vision réductrice « visible = seul organe sensible ».

7. Corps caverneux (corpora cavernosa clitoridis)

Définition : Deux tissus érectiles parallèles formant la majeure partie du clitoris interne. Localisation : Dans le corps du clitoris et les piliers. Fonction : Se remplissent de sang pour provoquer l'érection clitoridienne. Variantes : Synonyme : « corps caverneux clitoridiens ». Pédagogie : Ils sont similaires aux corps caverneux du pénis, confirmant que le clitoris est un organe homologue.

8. Frein du clitoris (frenulum clitoridis)

Définition : Petit pli muqueux reliant le gland à son capuchon. Localisation : Sous le gland, au niveau de la jonction avec le prépuce. Fonction : Limite les mouvements excessifs du capuchon. Variantes : Synonyme : « frein du prépuce clitoridien ». Pédagogie : Peut être sujet à des micro-déchirures lors de rapports sexuels, mais cicatrise généralement sans séquelle.

9. Ligament suspenseur (ligamentum suspensorium clitoridis)

Définition : Structure fibreuse reliant le clitoris à l'os pubien. Localisation : Part du pubis et s'attache au corps du clitoris. Fonction : Maintien de la position du clitoris et limitation de ses mouvements. Variantes : Synonyme : « ligament suspenseur du clitoris ». Pédagogie : Son rôle est souvent négligé, alors qu'il participe à la stabilité de l'organe lors des mouvements pelviens.

10. Nerf dorsal du clitoris (nervus dorsalis clitoridis)

Définition : Branche sensitive du nerf pudendal innervant le clitoris. Localisation : Chemine le long du corps et du gland clitoridien. Fonction : Transmet les sensations tactiles et thermiques. Variantes : Synonyme : « nerf clitoridien ». Pédagogie : Sa lésion (rare) peut entraîner une perte de sensibilité, mais les nerfs pelviens compensent souvent partiellement.

11. Vascularisation : artère dorsale du clitoris (arteria dorsalis clitoridis)

Définition : Artère principale irriguant le gland et le corps du clitoris. Localisation : Passe sous la symphyse pubienne pour atteindre la face supérieure du clitoris. Fonction : Apporte le sang nécessaire à l'érection et à la sensibilité. Variantes : Synonyme : « artère dorsale clitoridienne ». Pédagogie : Son diamètre moyen est de 1 à 2 mm, mais elle se divise en multiples branches pour vasculariser l'ensemble de l'organe.

12. Vascularisation : artère profonde du clitoris (arteria profunda clitoridis)

Définition : Branche de l'artère pudendale interne alimentant les corps caverneux. Localisation : Pénètre les piliers pour irriguer les tissus érectiles. Fonction : Essentielle à l'érection clitoridienne. Variantes : Synonyme : « artère caverneuse du clitoris ». Pédagogie : Son obstruction (rare) peut causer des troubles de l'érection, similaires à ceux observés dans la dysfonction érectile masculine.

13. Innervation pudendale (nervus pudendus)

Définition : Nerf mixte (sensitif et moteur) innervant les organes génitaux externes. Localisation : Issue des racines sacrées S2-S4, chemine dans le pelvis. Fonction : Transmet les sensations et contrôle les muscles périnéaux. Variantes : Synonyme : « nerf honteux interne ». Pédagogie : Son blocage (anesthésie pudendale) est utilisé lors de l'accouchement pour soulager la douleur périnéale.

14. Tissu érectile

Définition : Tissu spongieux se remplissant de sang lors de l'excitation. Localisation : Composant les corps caverneux, les bulbes vestibulaires et les piliers. Fonction : Permet l'érection clitoridienne et la congestion des tissus. Variantes : Synonyme : « corps érectiles ». Pédagogie : Ce tissu est identique à celui du pénis, confirmant l'homologie des organes génitaux masculins et féminins.

15. Tunique albuginée (tunica albuginea)

Définition : Enveloppe fibreuse entourant les corps caverneux. Localisation : Recouvre les corps caverneux et les piliers. Fonction : Maintien de la structure et résistance à la pression lors de l'érection. Variantes : Synonyme latin : « tunica albuginea ». Pédagogie : Son épaisseur varie (0,5 à 2 mm), mais elle est toujours présente, même chez les clitoris de petite taille.

16. Septum intercaverneux

Définition : Cloison fibreuse séparant les deux corps caverneux. Localisation : Dans le corps du clitoris interne. Fonction : Maintien de l'intégrité structurelle. Variantes : Synonyme : « cloison inter-caverneuse ». Pédagogie : Ce septum est incomplet chez environ 20 % des personnes, sans conséquence fonctionnelle.

17. Périnée antérieur

Définition : Zone musculaire et cutanée située entre la vulve et l'anus. Localisation : En avant du centre tendineux du périnée, sous le mont de Vénus. Fonction : Soutien des organes pelviens et participation aux sensations sexuelles. Variantes : Synonyme : « triangle urogénital ». Pédagogie : Sa tonicité est essentielle pour éviter les descentes d'organes (prolapsus) et améliorer la sensibilité.

18. Vestibule vulvaire

Définition : Espace délimité par les petites lèvres, contenant le méat urétral et vaginal. Localisation : Entre les petites lèvres, sous le capuchon clitoridien. Fonction : Passage pour l'urine, les sécrétions et les rapports sexuels. Variantes : Synonyme : « vestibule urogénital ». Pédagogie : Sa taille varie selon l'âge et les variations anatomiques, mais il mesure en moyenne 2 à 4 cm de large.

19. Méat urétral (ostium urethrae externum)

Définition : Orifice externe de l'urètre, par où s'écoule l'urine. Localisation : Sous le gland clitoridien, dans le vestibule vulvaire. Fonction : Élimination de l'urine. Variantes : Synonyme : « orifice urétral externe ». Pédagogie : Sa position varie (parfois très proche du vagin), mais il est toujours distinct de l'orifice vaginal.

20. Glandes de Skene (glandulae para-urethrales)

Définition : Glandes sécrétant un liquide similaire à la prostate féminine. Localisation : Autour de l'urètre, dans le vestibule. Fonction : Production de sécrétions lubrifiantes ou éjaculatoires. Variantes : Synonyme : « prostate féminine ». Pédagogie : Leur inflammation peut causer des douleurs (skénite), souvent confondue avec une cystite.

21. Glandes de Bartholin (glandulae vestibulares majores)

Définition : Deux glandes sécrétant un mucus lubrifiant lors de l'excitation. Localisation : Sous les bulbes vestibulaires, à l'entrée du vagin. Fonction : Lubrification vaginale. Variantes : Synonyme : « glandes vestibulaires majeures ». Pédagogie : Leur obstruction peut causer un kyste de Bartholin, nécessitant parfois un drainage.

22. Mont de Vénus (mons pubis)

Définition : Relief cutané et graisseux recouvrant l'os pubien. Localisation : En avant de la symphyse pubienne, sous la peau. Fonction : Protection osseuse et amortissement lors des rapports. Variantes : Synonyme : « mont du pubis ». Pédagogie : Sa pilosité n'a aucune fonction biologique, mais est souvent associée à des normes esthétiques.

23. Petites lèvres (labia minora)

Définition : Replis cutanéo-muqueux internes à la vulve. Localisation : Encadrent le vestibule, entre les grandes lèvres et le capuchon clitoridien. Fonction : Protection des orifices urétral et vaginal, lubrification. Variantes : Synonyme : « nymphes ». Pédagogie : Leur taille varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres, sans lien avec la sensibilité ou la santé.

24. Grandes lèvres (labia majora)

Définition : Replis cutanés externes, contenant du tissu graisseux. Localisation : Enserrent les petites lèvres et le mont de Vénus. Fonction : Protection mécanique et thermique. Variantes : Synonyme : « lèvres vulvaires ». Pédagogie : Leur pigmentation et leur texture varient selon les individus, sans signification médicale.

25. Plexus de Kobelt

Définition : Réseau veineux drainant le sang du clitoris et des bulbes vestibulaires. Localisation : Autour des corps caverneux et des piliers. Fonction : Retour veineux lors de la détumescence (fin de l'érection). Variantes : Synonyme : « plexus veineux clitoridien ». Pédagogie : Ce réseau est souvent ignoré, alors qu'il joue un rôle clé dans la régulation de la congestion clitoridienne.

Comment ces termes s'articulent : carte mentale rapide

Pour visualiser les relations entre ces 25 termes, imaginez le clitoris comme une structure en trois dimensions :

  • Partie externe (visible) : Gland + capuchon + petites et grandes lèvres → interface sensorielle et protectrice.
  • Partie interne (profonde) : Corps caverneux + piliers + bulbes vestibulaires → tissus érectiles et ancrage.
  • Système de soutien : Plexus de Kobelt (drainage) + artères (vascularisation) + nerfs (sensibilité) → maintien des fonctions.

Une carte interactive (à venir en 2026) permettra d'explorer ces liens en détail, avec des modèles 3D et des schémas anatomiques. Pour aller plus loin, consultez les travaux d'Helen O'Connell (2005) ou le modèle 3D d'Odile Fillod.

Ressources complémentaires pour approfondir

Pour explorer l'anatomie clitoridienne avec rigueur et accessibilité, voici une sélection de ressources fiables :

  • Ouvrages :
    • Le Clitoris, anatomie, sexualité, libéralisation (Odile Fillod, 2019) – Analyse critique des représentations du clitoris.
    • Anatomy & Physiology of Sexual Function (Helen O'Connell, 2005) – Référence médicale sur l'anatomie féminine.
  • Modèles 3D :
  • Articles scientifiques :
  • Atlas et illustrations :
    • Wellcome Collection – Archives d'illustrations médicales historiques.
    • BNF Gallica – Textes anciens sur l'anatomie féminine (ex. : travaux de De Graaf, 1672).
Carte mentale schématique des 25 termes anatomiques du clitoris reliés en arborescence, palette sauge et ivoire
Carte mentale des 25 termes anatomiques organisés par fonction (sensoriel, érectile, vasculaire, structurel) : une vue d'ensemble pour mémoriser le vocabulaire essentiel.

Lexique et vous : pourquoi ces termes comptent

Ce lexique n'est pas qu'un outil académique : il s'agit d'un levier pour l'autonomie corporelle. En nommant précisément les structures du clitoris, on brise le tabou autour de sa visibilité réduite et on facilite les échanges avec les professionnel·les de santé. Ces termes rappellent aussi que le plaisir féminin ne se réduit pas à l'organe visible : ses racines profondes, sa vascularisation et son innervation en font un système complexe, bien au-delà des représentations simplistes. Que vous soyez en quête de connaissances pour une consultation, une démarche d'auto-exploration ou simplement par curiosité, ce vocabulaire vous donne les clés pour mieux comprendre votre corps – ou celui des autres – sans filtre, sans norme, et sans esthétisation.

Comment ces termes s'articulent : carte mentale rapide

Les 25 termes du lexique se répartissent en quatre grandes familles fonctionnelles qui aident à mémoriser leur rôle. La famille structurelle regroupe les éléments visibles et tangibles : gland, capuchon, corps, piliers, bulbes vestibulaires, racines profondes, frein, ligament suspenseur. Ce sont les composants anatomiques que l'on peut localiser dans une dissection ou un modèle 3D. La famille érectile rassemble les tissus qui se gonflent à l'excitation : corps caverneux, tunique albuginée, septum intercaverneux, tissu érectile. Leur dynamique vasculaire produit le phénomène d'érection clitoridienne, équivalent fonctionnel de l'érection pénienne.

La famille neurovasculaire couvre les voies de sensation et d'irrigation : nerf dorsal du clitoris, nerf pudendal, artère dorsale, artère profonde, plexus de Kobelt. C'est elle qui transmet les sensations et alimente l'érection. La famille associée regroupe les structures vulvaires adjacentes au clitoris stricto sensu : petites et grandes lèvres, mont de Vénus, vestibule, méat urétral, glandes de Skene et de Bartholin. Bien qu'elles ne fassent pas partie du clitoris au sens strict, leur proximité fonctionnelle justifie leur inclusion dans un lexique complet de l'anatomie périclitoridienne.

Ressources complémentaires pour approfondir

Pour aller plus loin que ce lexique, plusieurs ressources fiables méritent d'être consultées. Le Terminologia Anatomica, publié par la Fédération internationale des associations d'anatomistes (FIPAT), reste la référence terminologique internationale officielle pour la nomenclature anatomique. La Sociedad Anatómica Española et la Société Anatomique de Paris publient régulièrement des mises à jour et des controverses terminologiques utiles aux étudiant·es en médecine.

Côté grand public, les travaux d'Odile Fillod (sociologue des sciences) et de Helen O'Connell (urologue australienne) constituent les références scientifiques les plus accessibles pour comprendre comment le vocabulaire anatomique a évolué dans les dernières décennies. Pour une approche complémentaire reliant vocabulaire et expérience corporelle, le désir féminin et estime de soi du réseau Cluster 6 santé propose un cadre réflexif utile. Notre dossier interne sur la histoire du clitoris permet enfin de relier ce vocabulaire aux découvertes médicales successives qui l'ont fixé.

FAQ : cinq questions fréquentes sur ce vocabulaire

Un vocabulaire précis permet trois choses essentielles : dialoguer efficacement avec un·e professionnel·le de santé en cas de symptôme ou de question, comprendre la littérature médicale et sexologique sans s'égarer dans les approximations, et déconstruire les mythes liés à des termes mal compris (« point G », « orgasme vaginal pur ») en revenant aux structures réelles. C'est aussi un outil d'éducation sexuelle pour les adolescent·es.

Le gland clitoridien est l'extrémité visible et sensible de l'organe, située sous le capuchon. Le corps du clitoris est la partie interne immédiate qui prolonge le gland en s'enfonçant dans le pelvis, composée de tissu érectile. Le corps se divise ensuite en deux piliers qui s'étendent latéralement le long des branches ischio-pubiennes. Gland + corps + piliers + bulbes = l'organe complet.

Les bulbes vestibulaires font anatomiquement partie du complexe clitoridien selon la nomenclature anatomique moderne (Terminologia Anatomica révisée). Ils sont composés du même tissu érectile que les corps caverneux et se gonflent lors de l'excitation. Leur position autour du vestibule vulvaire les a longtemps fait classer comme structures vaginales, mais les travaux de Helen O'Connell (2005) ont confirmé leur appartenance au système clitoridien.

L'innervation pudendale désigne le système nerveux qui transmet les sensations des organes génitaux externes (clitoris, vulve, périnée) au cerveau via le nerf pudendal (anciennement appelé « nerf honteux interne »). Ce nerf émerge des racines sacrées S2 à S4 et innerve aussi les muscles du périnée. C'est lui que les anesthésistes bloquent lors d'une anesthésie pudendale obstétricale.

Non, « clithoris » avec un h est une variante orthographique attestée dans des textes français des XVIIe et XVIIIe siècles, mais n'est plus reconnue par aucun dictionnaire contemporain ni aucune nomenclature anatomique internationale. Le terme officiel est clitoris, sans h, dérivé du grec ancien κλειτορίς. Voir notre dossier complet sur l'orthographe et l'étymologie du mot pour le détail historique.

Conclusion

Le vocabulaire anatomique du clitoris n'est pas qu'une affaire de spécialistes : c'est un outil d'émancipation cognitive. Connaître les noms des structures, c'est pouvoir dialoguer avec un·e médecin, lire un article scientifique sans se perdre, comprendre ce qui se passe dans son propre corps. Les 25 termes réunis dans ce lexique constituent un socle minimal pour aborder la littérature médicale et sexologique sans dépendre de simplifications réductrices.

Ce lexique a vocation à être complété, discuté, enrichi. La nomenclature anatomique évolue, des termes apparaissent (le « plexus de Kobelt » a été redéfini en 2021 dans une révision de Terminologia Anatomica), d'autres tombent en désuétude (« nerf honteux interne » remplacé par « nerf pudendal »). Garder un vocabulaire à jour, c'est rester en prise avec les connaissances scientifiques contemporaines. Et c'est, in fine, un acte d'éducation à la santé.